Un four de 1911
Il chauffait déjà le pain du village avant la première guerre. Il était muré depuis les années soixante-dix.
La maison
Le bâtiment du 7 rue des Sept Portes abritait la boulangerie du village jusqu'en 1974. Le four à sole, construit en 1911 par un maçon de la commune, avait été muré lors de la fermeture et personne n'y avait touché depuis. Il a fallu six mois pour le rouvrir, refaire la voûte et remonter la cheminée.
La rue tient son nom des sept portes cochères qui s'ouvraient autrefois sur les cours des fermes. Il en reste quatre, dont celle d'à côté. C'est de là que vient le nom du fournil.
La boutique est petite, six personnes à l'intérieur et une file dehors le dimanche. On s'en excuse, et on ne l'agrandira pas : la place manque, et le four est là où il est.
Une journée
Quatre heures : allumage du four et pétrissage de la deuxième pâte, celle qui a poussé toute la nuit. Six heures : enfournement, par séries de dix pains. Sept heures : ouverture, les premiers pains sortent encore brûlants.
Onze heures : les réservations non retirées repartent à la vente. Treize heures trente : fermeture, ou avant s'il n'y a plus rien. Puis rafraîchi du levain, pétrissage du lendemain, nettoyage, et commande des farines le mardi.
Deux personnes font tourner la maison. C'est pour ça que le téléphone ne répond pas toujours entre six et sept heures : les mains sont dans la pâte.
Ce qu’on ne fait pas
- Pas de viennoiserie : elle demanderait un deuxième four et un deuxième métier
- Pas de sandwich, pas de boisson, pas de dépôt de presse
- Pas de levure de boulanger, pas d'améliorant, pas de farine prête à l'emploi
- Pas de deuxième fournée l'après-midi, le four est redescendu
- Pas de livraison, mais une réservation gardée jusqu'à 11 heures